Présentation des Rencontres 2016

Entrés dans la ronde des éléments avec les Imaginaires du Feu pour le 20e anniversaire des Rencontres d’Aubrac, nous privilégierons cette année le fluide des Imaginaires de l’Eau.

Nous tenterons de saisir des perceptions de cet élément vital et des explications sur l’ordre du cosmos auxquelles se réfèrent de nombreux peuples dans leurs cultures en croisant des voix de l’observation empirique, de la physique et de la mythologie.

Si les éléments sont toujours ambivalents, l’Eau est sans doute de ce point de vue le plus important car elle est à la fois purificatrice, protectrice et destructrice. Source de vie, elle est partout associée à la femme et à la mère car c’est dans l’eau du sein maternel que se forment les enfants. L’Eau que nous buvons est indispensable à notre vie mais nous pouvons aussi nous y noyer. L’Eau ne figure pas comme simple décor ou élément essentiel à la vie, elle apparaît fondamentale dans son rôle symbolique, établissant les frontières entre la vie et la mort, les humains et les animaux, et soulignant la nature des relations sociales et politiques. L’Eau  se retrouve mêlée aux rites de passages dans toutes les cultures, elle est épreuve initiatique et porte des récits héroïques.

Face à cet élément qui peut nourrir aussi bien qu’anéantir, l’être humain cherche à concilier les contrastes, les divergences, les oppositions que peuvent révéler tous les conflits liés à l’eau, en inventant des principes d’ordre, de médiation, d’harmonie. L’Eau est le lien entre les différentes zones de ces mondes. Par sa pensée, dans des développements imaginaires comme dans des projections d’actions, l’homme se met au centre, vise la maîtrise de cet élément.

« L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser : une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, puisqu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. »   (Blaise Pascal)

« L’être est avant tout en éveil et il s’éveille dans la conscience d’une impression extraordinaire. (…) C’est près de l’eau et de ses fleurs que j’ai le mieux compris que la rêverie est un univers en émanation. Si je veux étudier la vie des images de l’eau, il me faut donc rendre leur rôle dominant à la rivière et aux sources de mon pays. (…) L’eau anonyme sait tous mes secrets. Le même souvenir sort de toutes les fontaines. » (Gaston Bachelard)