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Rencontres d'Aubrac 2013 PDF Imprimer Envoyer

LE PROGRAMME DES RENCONTRES EST DESORMAIS EN LIGNE

XVIIIes Rencontres d'Aubrac

Le thème retenu pour 2013, « Imaginaires de l'Eden » troisième volet du cycle des Rencontres d'Aubrac consacré à "L'esprit des Lieux", invitera à se saisir d'un mot d'une grande richesse de sens.

Nous concevrons ces Imaginaires de l'Eden comme les diverses représentations des figures :

- d’un bonheur originel perdu

L’âge d’or apparaît comme cet état primordial où les hommes vivaient sans souffrir ni vieillir, où la nature généreuse les dispensait du travail, où régnaient la paix et la justice. La race d’or vivait encore dans la proximité des dieux, proximité qui correspond à celle d’Adam et Ève au jardin d’Eden. Lieu de délices et de perfection, le Paradis comportait en son centre un source d’eau vive qui se divisait en quatre fleuves qui devaient irriguer le monde, et deux arbres, "l’arbre de vie par lequel l’homme pouvait devenir immortel, l’arbre du Bien et du Mal, par lequel il pouvait devenir mortel." Pour l’essentiel de la tradition chrétienne, le Paradis se trouverait sur la terre, à l’Orient ou à l’Occident, mais son accès est désormais interdit aux hommes (chute de l’homme).

- des passages vers l’au-delà

Dans un sens plus élargi, le concept de paradis passant des mythes gréco-romains des Champs Elysées à l’idée des jardins orientaux mésopotamiens puis au jardin d’Eden retrouvé est présent dans presque toutes les religions. Il représente ce lieu final où les hommes seront récompensés de leur bon comportement. Les croyants évoquent ainsi le « Royaume de Dieu » qui sera manifesté à la fin du monde. Concept semblable, le Nirvāna, se retrouve également dans l'hindouisme, le jaïnisme et le bouddhisme. Ces questions de la mort, de la croyance en un Au-Dela, en une éternité heureuse, une métamorphose, passent, dans leur remise en cause, par les lieux d’utopie.

- des quêtes d’Edens ici et maintenant

Les utopies sociales et politiques du XIXe siècle ont ainsi fait naitre de nouveaux modèles communautaires jusqu’au système politique marxiste projeté comme un véritable Eden sur terre. Aujourd’hui, la mondialisation condamne à l’exil, à l’errance, des millions d’immigrés poussés hors de chez eux vers un ailleurs projeté comme un Eden. Mais le rêve tourne le plus souvent à la trahison, à l’abandon, chacun se retrouvant alors dans son odyssée personnelle. Aux limites des enthousiasmes des pionniers, des réussites partielles et échecs considérables répondent aussi les voies individuelles en quête de paradis artificiels. Les résonances d’actualité du sujet conduiront à interroger la conscience collective du paradis dans le discours écologiste en quête de sauvegarde, d’harmonie retrouvée entre l’homme et la nature. Ces préoccupations apparaitront également au cœur des démarches de recherche d’équilibres débouchant sur la reconnaissance d’un Eden intérieur par la méditation personnelle ou la pratique d’activités privilégiant l’harmonie de sens.

Des récits innombrables dans toutes les cultures, des témoignages artistiques particulièrement riches témoignent de ces quêtes d’Edens célestes et terrestres.

Des écrivains, universitaires et artistes de tous les continents nous rejoindront pour nous inviter au franchissement des portes de ces edens perdus et retrouves.