Alberto Ruy-Sanchez

Toucher le Feu, devenir le Feu

 

C’est l’heure où, à Mogador, le soleil prend les amants par surprise. Zaydoun va sur la place de la Conque, cœur volubile de la ville. Il est le conteur de Mogador, mais il passe insensiblement de la place à la page, et vice versa. Distrait à chaque instant par le souvenir vivace de Hassiba, il s’est lancé dans une œuvre portée par les cinq courants de force de la Hamsa, la main du feu.

 

Biographie

Alberto Ruy-Sánchez, écrivain et éditeur mexicain, est né à Mexico le 7 décembre 1951 de parents originaires du nord du Mexique, de l’État de Sonora.

Marié à l’historienne Margarita de Orellana, ils ont eu deux enfant, Andrea (née en 1984) et Santiago (né en 1987). Durant huit années Alberto vécut à Paris, poursuivant ses études supérieures, et fut l’élève de professeurs tels que Roland Barthes, Gilles Deleuze et Jacques Rancière. Il obtint un doctorat et devint éditeur et écrivain. Depuis 1988 il dirige la revue Artes de México, qui a reçu au cours de ses quinze premières années plus de cent prix nationaux et internationaux d’arts de l’édition.

En 1987, son premier roman, Les Visages de l’air (Los Nombres del aire), reçut le prix littéraire le plus important du Mexique, le Xavier Villaurrutia, et devint un livre culte qui n’a pas cessé, depuis, d’être réédité chaque année. Avec cet ouvrage, il entreprend une exploration poétique et narrative du désir, se situant à Mogadorau Maroc, et que poursuivent les romans Les Lèvres de l’eau (En los labios del agua), qui reçut le prix des Trois Continents ; La Peau de la terre (Los Jardines secretos de Mogador), prix Cálamo (à Saragosse) et, en 2006, un récit hétérodoxe sur l’émerveillement comme poétique: Neuf fois neuf choses que l’on dit de Mogador (Nueve veces el asombro).

Octavio Paz a écrit sur lui et ses livres : « Alberto Ruy-Sánchez, le plus atypique des écrivains mexicains, un vrai cosmopolite qui nous raconte des histoires depuis un territoire beaucoup plus ample qu’un pays : celui de la Peau. Il est le poète de la Peau et sa langue c’est le Toucher, le sens qui comprend tous les autres ».

De la quinzaine de titres qui composent son œuvre de narrateur, poète et essayiste, on peut distinguer Les Démons de la langue (Los Demonios de la lengua)(1987, nouvelle édition augmentée : 1998), Con la Literatura en el cuerpo: historias de literatura y melancolía (1995) La Inaccesible (1990), Diálogos con mis fantasmas (1997), Una Introducción a Octavio Paz (1990), prix José Fuentes Mares.

Il a été accueilli comme conférencier et professeur invité dans plusieurs universités d’Europe, d’Afrique du Nord et du continent américain. Son œuvre, traduite dans plusieurs langues, a reçu diverses distinctions et prix importants ; le gouvernement français l’a notamment décoré du grade d’officier de l’Ordre des Arts et des Lettres.

Sur lui et ses livres, Philippe Ollé Laprune a écrit : « Alberto Ruy-Sánchez est l’auteur d’une œuvre sans égale. (…) Pratiquant une « prose d’intensités » selon ses propres termes, il donne vie à des personnages qui explorent les territoires du désir, du rêve et de l’ailleurs. Ses courts romans, très travaillés, reçoivent un accueil enthousiaste non seulement au Mexique mais aussi dans de nombreux pays. Directeur de l’extraordinaire revue Artes de Mexico qui révèle les richesses artistiques et culturelles d’un pays particulièrement gâté en ce domaine, Alberto Ruy-Sánchez est aussi essayiste et poète ».