François Cassingena

L’ambivalence de l’eau dans la poésie de Virgile

François Cassingena
écrivain, moine de Ligugé

 

Dans le paysage choisi que plante la poésie virgilienne, l’eau est omniprésente : cette « hydrophilie » du grand éducateur de l’Occident au sentiment de la nature n’est sans doute pas le moindre indice de sa foncière tendresse. De façon significative, l’épopée d’Énée tourne le dos à l’amertume et aux violences de la mer pour se déployer à terre, sur cette terre d’Italie dont un fleuve – le Tibre – marque solennellement l’orée. Si les Bucoliques s’inscrivent dans la tradition de l’imaginaire arcadien qui fait de l’eau courante l’une des composantes essentielles du locus amoenus (lieu de délices), volontiers représenté par la peinture romaine, les Géorgiques, en célébrant à l’envi la terre humide, authentifient Virgile comme un chantre immense de la ruralité. Celui-ci, héritier de Lucrèce, appartient à la pléiade des poètes de l’époque augustéenne (Horace, Ovide, Properce) qui excelle à évoquer, jusque dans les sonorités verbales, l’univers de l’eau – la présence « sacrée » de l’eau que l’homme antique estime, d’instinct, indispensable à la plénitude de son bonheur.

BIOGRAPHIE

Né le 28 novembre 1959 à Rome de Rolando Cassingena et de Madeleine Trévedy, François Cassingena-Trevedy poursuit des études secondaires au Collège Sainte Marie d’Antony (Hauts de Seine) chez les Marianistes, avant de passer par Hypokhâgne et Khâgne au Lycée Louis le Grand (Paris). Il est reçu à l’École Normale Supérieure, rue d’Ulm, promotion 1978, option Lettres Classiques.

1980 : Maîtrise de Lettres Classiques (Philologie) avec un mémoire sur Ténèbres et lumière dans le théâtre d’Eschyle (dirigé par le Professeur Jean Taillardat, Paris IV). Parallèlement, fréquentation des cours de Jacques Fontaine, de Jacques Mandouze, de Gilles Dorival et de Marguerite Harl sur la littérature patristique, également à Paris IV.

1980 : entrée dans la vie monastique bénédictine.

1er octobre 1982 : Profession monastique.

4 août 1988 : Ordination sacerdotale.

1989 : Maîtrise de Théologie à l’Université de Fribourg (Suisse), avec un mémoire sur Amour et Contemplation chez saint Grégoire le Grand (dirigé par le Père Servais Pinkaers, op.). Fréquentation des cours d’exégèse du Père Jean Barthélémy, op.

À la suite d’une orientation vers la patristique syriaque (1985), relations de travail et d’amitié avec le Père François Graffin, sj, ancien directeur de la Patrologie Orientale.

Collaborateur des « Sources Chrétiennes » dans le domaine de la patristique syriaque : ÉPHREM DE NISIBE.

Maître de chœur (Schola grégorienne) depuis 2008

Émailleur sur cuivre (créations), à l’atelier monastique de Ligugé

Écrivain

Latiniste depuis l’âge de onze ans, helléniste depuis l’âge de douze, hébraïsant depuis l’âge de dix-huit, syriacisant depuis l’âge de vingt-six.

Docteur en théologie (Institut Catholique de Paris ; thèse sur L’expérience et l’esprit de la liturgie, IVe-VIe siècles)

Maître de conférences à l’Institut Catholique de Paris depuis 2001 (Institut Supérieur de Liturgie).

Enseignant invité au Centre Sèvres (Facultés jésuites de Paris)

Enseignant au Centre Théologique de Poitiers

Donne des cours et séminaires sur la théologie fondamentale de la liturgie, sur la période patristique et les thématiques liturgiques en lien avec cette période : homilétique, hymnographie, anthropologie des gestes et des attitudes, sur Éphrem de Nisibe et la patristique syriaque

 

BIBLIOGRAPHIE

Quand la Parole prend feu. Propos sur la lectio divina. Éd. de Bellefontaine (Vie Monastique, n° 36), 1999.

Étincelles, Ad Solem, Genève, 2004 (Prix « Humanisme chrétien » 2005)

Ephrem de Nisibe, Hymnes pascales, Sources Chrétiennes n° 502, 2006.

Étincelles II, 2003-2005, Ad Solem, Genève, 2007 (Prix Panorama-La Procure Livre de Spiritualité 2008).

Étincelles III (2006-2009), Ad Solem, 2010.

Étincelles IV (le couvre-feu), Paris, Ad Solem, 2015.